معالم دقة

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escalier

Les thermes de Caracalla, Le Haut-Empire, Le temple de la Victoire

Les thermes de Caracalla

Les thermes publics sont un établissement de bains auxquels les Romains ont ajouté la palestre pour les exercices sportifs. Leur fréquentation tenait une place importante dans la vie quotidienne à Rome comme dans les autres villes de l’Empire. Leur introduction en Afrique   eut lieu dès le Ier siècle après J.-C. À ce jour, dans le site de Dougga on a retrouvé trois établissements de ce genre dont ceux de Caracalla qui sont situés au sud-est du forum.
L’accès à cet établissement se fait par un passage pavé de mosaïque à gros cubes blancs qui sépare l’établissement thermal des temples de la Concorde, Frugifer, Liber Pater et Neptune.
atrium Dougga Monuments

1Datation:

Les thermes ont été construits sous le règne de l’empereur Caracalla entre 212-217 après J.-C.
Une inscription attestant au IV e siècle après J.-C., une restauration partielle de l’établissement a permis la datation de sa construction:

atrium thermarum Antoninianorum ab antiquis c[oe]pt um exceptoriis in eodem loco su(b]s tan tibu[s], quod inperfecto opera corru[p]tum adque ruderib us foedat um [—] dius Honorati(a)n us, fl(amen) p(erpetuus), cur(ator) reip(ublicae) II, [cu]m statua

[s]ignoq(ue) felicissim [—A]uggg(ustorum), ratu opera fecit itemq[ue dedica]uit.
insphoto Dougga Monuments
L’atrium des thermes antoniniens, construction entreprise autrefois sur les réservoirs sous-jacents au même endroit, qui était déteriorée en raison d’une exécution bâclée, et qui tombait en ruines,
[—]dius Honoratianus, flamine perpétuel, deux fois curateur de la république, l’a réalisé d’une manière fiable avec cet ouvrage orné de la statue et de l’emblème de nos trois Augustes très heureux [—], et il en a exécuté la dédicace.   
inscripion Dougga Monuments
«Les thermes dont une partie fut restaurée lors de la brève renaissance édilitaire du troisième quart du IV e siècle par le curateur [—]dius Honoratianus, flamine perpétuel, avaient été construits sous Caracalla dont le nom leur resta, renforçant l’assimilation de la ville à une “petite Rome”. Les travaux des années 375-383 reprenaient une construction ou une restauration antérieure défectueuse. Dans les thermes, l’atrium ou vestibulum était un hall de réception dans l’établissement; on comprend que dans une reconstruction partielle de l’établissement au siècle suivant, un évergète qui voulait se mettre en vedette se soit particulièrement attaché à cette pièce d’apparat et à son ornementation.» Khanoussi (M.) et Maurin (L.) (dir.), Dougga, Fragments d’histoire,insc. n°42, p.124.

1Typologie:

1.1Plan général:

Ils sont de plan symétrique, s’organisant de façon à peu près identique de part et d’autre d’un axe. De par leur ampleur, ces thermes sont classés parmi les plus grands d’Afrique.
L’établissement est constitué de trois niveaux:
  • un niveau d’accès
  • un niveau d’utilisation
  • un niveau de services: les couloirs souterrains.
plan Dougga Monuments

1.0.1Le niveau d’accès:

Il est constitué d’une porte d’entrée donnant sur l’atrium, pièce de plan rectangulaire ( salle a sur le plan ci-dessus). De là part un grand escalier composé de vingt-quatre marches aboutissant au deuxième niveau.
escalier Dougga Monuments

1.0.2Le niveau d’utilisation:

Il est composé de différentes salles « qui forment les thermes proprement dits» Poinssot (C.), Les ruines de Dougga, p.48 .
entreeth Dougga Monuments

1.0.2.1) -Salle d’entrée, vestibule (V1) et vestiaires:

La première salle à laquelle aboutit l’escalier est:
-une grande salle d’entrée de forme carrée (11m.50 de côté) entourée d’un portique de douze colonnes et pavée d’une mosaïque polychrome à décor géométrique conservée en grande partie. «Les murs portent les traces d’un revêtement de marbre vert au bas duquel court une plinthe de marbre blanc». Poinssot (C.), Les ruines de Dougga, p.50 . Elle communique par une double baie avec:
-un vestibule (V1) servant d’espace transitoire entre les pièces de bain et l’extérieur de l’établissement et donnant accès à l’ouest à
-l’apodyterium, le vestiaire.
vestiaire Dougga Monuments

1.0.2.2) -Les salles de bains:

– le frigidarium: salle des bains froids. Il s’agit d’une grande pièce qui était couverte, occupant le centre des thermes et comprenant trois piscines situées sur les grands côtés. Les murs étaient richement décorés de placage de marbre et de stuc et certains d’entre eux ont des niches où devaient être placées des statues.
frigidarium Dougga Monuments
-Trois caldaria: salles de bains chauds. Un grand caldarium et deux autres caldaria de dimensions plus modestes situés de part et d’autre. Ce sont les salles les plus chauffées des thermes.
caldarium Dougga Monuments
-Un tepidarium: salle tiède de transition contenant deux petits bassins. De faibles dimensions, elle est située entre les caldaria et le frigidarium.

1.0.2.3) -Les aménagements annexes:

-Deux sudatoria: étuves humides qui activaient la   transpiration. Elles ont une forme ovale. Ce sont des salles de bain de vapeur à l’exemple des hammams ou des saunas d’aujourd’hui.
sudatorium Dougga Monuments
    – Deux laconica: étuves sèches dont l’air brûlant provoquait une   abondante transpiration. Elles ont une forme quadrangulaire.
     – Un elaothesium, salle de dépôt et de distribution d’huile et qui avait vraisemblablement servi de salle de massage et de frictions d’huile.
elaeothesium Dougga Monuments
       – Un vestibule (V2) de passage.
        -Une palestre: sous forme d’une grande cour à ciel ouvert entourée d’un portique. Elle est située au sud-ouest du frigidarium et au nord de l’elaothesium.
entreepalestre Dougga Monuments

La palestre est l’espace des exercices physiques aussi bien pour le

baigneur amateur de sport que le sportif professionnel.
palestre Dougga Monuments
colonnespales Dougga Monuments

1.0.2.4Le niveau de services: les couloirs souterrains

Le dernier niveau, celui de services, se trouve dans le souterrain et dont l’accès se fait par deux portes situées de part et d’autre du grand caldarium et qui étaient fermées aux usagers. Seuls les serviteurs utilisaient ces passages. Dans ce secteur, il y avait un grand couloir qui se dédouble en deux branches formant un Y renversé. Les deux foyers latéraux soutenaient vraisemblablement des chaudières de bronze.

2Le circuit du baigneur :

Le baigneur commence tout naturellement par le niveau de l’accès. Un grand escalier de vingt quatre marches permet le passage au deuxième niveau des différentes salles. Ce faisant, le baigneur peut rencontrer des oisifs au palier en train de passer le temps à jouer à une sorte de jeux de dés. La première pièce que rencontre le baigneur en descendant est la grande salle d’entrée qui donne accès à un vestibule (V1) qui permet au baigneur d’atteindre l’apodytherium où il se déshabille puis traverse dans une nudité complète et sans s’arrêter le frigidarium. Il passe par un deuxième vestibule (V2) symétrique au premier pour atteindre l’elæothesium, où il enduit son corps avec de l’huile puis le couvre avec du sable fin. Cette pratique est une sorte de massage préliminaire à titre d’assouplissement avant l’entraînement dans la palestre qui se trouve au nord. L’utilité de ces deux substances est d’amortir les chocs durant l’entraînement et d’éviter les luxations, les entorses et les fractures en cas de chute par exemple. Le sable était utilisé dans un but hygiénique: arrêter la sueur et dans un but technique: faciliter certains exercices comme les prises de lutte lors du combat. Quant à la fourniture de cette huile pour les onctions, elle était assurée gratuitement par de riches donateurs de la cité.
Dans la palestre, le baigneur se livrait à différents jeux: lutte, pancrace, pugilat. La durée de l’activité sportive dans cet espace diffère selon la catégorie des baigneurs et l’objectif désiré. Elle est plus courte chez le sportif amateur qui fait tout simplement précéder le bain proprement dit par des exercices physiques. Son objectif est d’assainir le corps et prolonger la vie. Pour lui, le sport est un mode et une hygiène de vie. Quant au sportif professionnel, il passait plus de temps dans cet espace. En effet, ce dernier se consacrait exclusivement aux activités sportives pour se rendre apte à concourir dans les jeux et spectacles publics.
Une fois l’entraînement terminé, le baigneur traverse le vestibule pour se rendre au sudatorium, puis au laconicum. Dans ces deux salles le baigneur active sa transpiration d’une part et se débarrasse d’autre part des impuretés en commençant par se décrasser en s’aspergeant d’eau chaude, puis à l’aide du strigile, racloir recourbé en forme de faucille, il racle le corps pour enlever l’huile et le sable: lesRomains ont emprunté cette pratique de strigile aux Grecs. Ensuite, il se lave dans les caldaria. Pour ne pas se brûler les pieds ou risquer de glisser, le baigneur portait des socques de bois. Puis, il fait un passage de transition dans le tepidarium, avant de se baigner dans les piscines froides du frigidarium. En effet, le principe du bain reposait sur l’alternance du chaud et du froid dans le but de se procurer un bien salutaire. Par la suite, l’usager passe une dernière fois dans l’elæothesium pour recevoir un dernier massage à l’huile et au parfum pour détendre les muscles et délasser le corps après une phase très active. C’est là, un retour au calme et une phase de détente avant que le baigneur ne se rehabille dans l’apodytherium pour quitter l’établissement ou y rester encore pour converser.

3Résumé du circuit:

Atrium→ escalier→ salle d’entrée → vestibule (1) → apoditherium → frigidarium→ vestibule (2) → elæothesium → vestibule (2) → palestre → vestibule (2) → sudatorium → laconicum → caldarium → tepidarium → frigidarium → vestibule (1) → apoditherium.
Les thermes à l’époque romaine étaient un espace de bains, de sport, de soins corporels ouvert aux deux sexes à des heures différentes et à toutes les catégories sociales. C’est parce que les onctions à l’huile et au sable demandaient une grande quantité d’eau indispensable pour les ablutions que les Romains et par la suite les romano-africains ont annexé la palestre aux thermes. Elle complète en effet, le nettoyage au strigile d’une part. D’autre part, l’usage rationnel des bains (chauds, tièdes et froids) combinés avec les exercices physiques, les différents types de sudation et les massages à l’huile avaient vraiment des effets thérapeutiques positifs sur la santé des Thuggenses.   
Ce lieu demandait sans doute un personnel nombreux pour l’entretien, les massages et les entraînements physiques. C’était un véritable bâtiment d’hygiène, de culture physique, de soins corporels, de loisir et de distraction.   

4Bibliographie:

  • Badelon (E.), Cagnat (R.) et Reinach (S.), Atlas archéologique de la Tunisie, au 1/50.000, feuille n°XXX III (Téboursouk), n°183, Paris 1892-1926.
  • Ben Zina Ben Abdallah (Z.), Catalogue des inscriptions latinespaïennes du Musée du Bardo, EFR, 1986, inscription, n°225, p.89.
  • Khanoussi (M.) et Maurin (L.) (dir.), Dougga, Fragments d’histoire, Choix d’inscriptions latines éditées,traduites et commentées ( Ier-IVe siècles). Bordeaux-Tunis, 2000, inscp. n°42, p.122-124.
  • Bouet (A.), Les thermes privés et publics en Gaule Narbonnaise, Vol. I, Synthèse, EFR, Rome 2003.
  • Broise (H.) et Thébert (Y.), Les thermesmemmiens, étude architecturale et histoire urbaine, dans Recherches archéologiques franco-tunisiennes à Bulla Regia, II, Les architectures, EFR, 1993.
  • Carton (L.), Thugga, Ruines de Dougga, Tunis, p.78.
  • Decker (W.) et Thuillier (J.-P.), Le sport dans l’Antiquité, Égypte, Grèce, Rome, Éditions A. et J. Picard, Paris 2004, «Les thermes: Le gymnase du Romain», p.165-177.
  • Khanoussi (M.) et Maurin (L.) (dir.), Dougga, (Thugga), Études épigraphiques. Paris, 1997, p.121.
  • Khanoussi M., Dougga, Tunis ANEP, 1998 (2e édition revue et augmentée), p.37-39.
  • Labbe (M.), Recherches sur les thermes Liciniens à Dougga (Tunisie), Mémoire de maîtrise sous la direction de J. Alexandropoulos et M. Khanoussi, 2 volumes, V.1 Étude du monument, V.2 Plans et photographies. Toulouse, Université de Toulouse Le Mirail, UFR d’Histoire, Histoire de l’Art et Archéologie, 1994-1995, (Inédit).
  • Naït-Yghil (F.), Pratiques sportives et spectacles de jeux athlétiques et de pugilat en Afrique à l’époque romaine, Mémoire de DEA (Histoire et Archéologie antique) sous la direction de Mustapha Khanoussi. Tunis 2003, Université de Tunis, Faculté des Sciences Humaines et Sociales, p.120-121, (Inédit).
  • Poinssot (L.) et Lantier (R.), «Séance de la commission de l’Afrique du Nord, du 13 janvier 1925». BAC, 1925, p.XXVIII- XL.
  • Poinssot (C.), Les ruines de Dougga.Tunis 1983, p.48-52.
  • Thébert (Y.), Architectures thermales de la valléemoyenne de la Madjerda, thèse de doctorat de 3ème cycle, sous la direction de G. Picard. Paris-Sorbonne, 1981-1982.
  • Thébert (Y.), «Problèmes de circulation dans les thermes d’Afrique du Nord», dans Les thermes romains, Actes de la table ronde organisée par l’École française de Rome (Rome, 11-12 novembre 1998). EFR, 1991, p.139-149.

Le Haut-Empire

Thugga (Dougga) sous le Haut-Empire une ville double? (L’Africa romana, 10, 1994, p.597-602)

Une histoire de l’urbanisme de l’Afrique Proconsulaire reste encore à écrire. L’une des raisons principales du manque d’intérêt des chercheurs semble résider dans la complexité du dossier. G.-Ch. Picard, l’un des meilleurs connaisseurs de l’histoire et de l’archéologie de l’Afrique antique, ne vient-il pas d’ailleurs de noter dans la récente réédition de sa Civilisation de l’Afrique romaine «qu’il n’est pas, parmi toutes les villes romaines d’Afrique, deux plans d’urbanisme identiques»1. Tous ceux qui ont une bonne connaissance des sites antiques de l’Afrique du Nord ne peuvent que souscrire à cette constatation. En effet, malgré l’impression de ressemblance qui frise dans quelques cas l’uniformité, que pourrait procurer la visite de sites comme Thuburbo Majus, Sbeitla ou Timgad, le visiteur attentif ne manque pas de relever parfois des différences de taille et souvent de détail. Car, du point de vue de l’urbanisme et de l’évolution urbaine, les cités africaines d’époque romaine ne constituent pas un ensemble homogène. Elles peuvent, au contraire, être réparties en quatre groupes :
-Le premier groupe est formé des cités d’origine pré-romaine devenues pérégrines après la conquête romaine comme par exemple Bulla Regia, dans les Grandes Plaines. Ces cités n’ont pas connu de changement brusque dans la composition de leur population. Elles ont continué, pour un temps plus ou moins long selon les cas, d’être administrées comme auparavant. La transformation lente et progressive de leur paysage urbain ne semble pas avoir occasionné des bouleversements de grande ampleur dans le schéma général de l’organisation urbanistique hérité de la période antérieure.
-Le deuxième groupe est composé, quant à lui, des fondations coloniales soit sur un site libre par suite de destruction comme par exemple Carthage, soit sur un site vierge comme par exemple Sufetula. Là, les arpenteurs romains ont pu tracer des villes selon le plan orthogonal qui leur était si cher.
-Le troisième groupe comprend les colonies déduites sur le site même d’une cité déjà existante comme par exemple Sicca Veneria ou Simitthus. Dans l’état actuel de la recherche, nous ignorons presque tout des conséquences que la fondation de la colonie a eu sur l’organisation urbaine de ces cités.
-Enfin, le quatrième et dernier groupe est celui qui est constitué des cités pérégrines qui ont vu l’installation sur leurs territoires de groupes de citoyens romains organisés en pagi dépendant d’une colonie. A. Piganiol2fait remonter cette organisation originale appelée à durer plus de deux siècles à l’époque de César. Mais la révision de lecture à partir de la pierre de la célèbre inscription de Marcus Caelius Phileros d’Uchi Maius3à laquelle vient de procéder M. Azedine Beschaouch permet désormais d’attribuer de manière définitive à Octave-Auguste la paternité de ce système et fournit ainsi une confirmation à ce qu’avait pensé Claude Poinssot4suivi par Jacques Gascou5.
Parmi les cités qui peuvent être rangées dans ce groupe, Thugga, l’actuelle Dougga, est le site qui, pour le moment du moins, fournit la documentation, tant épigraphique qu’archéologique, la plus riche. Bâtie sur un plateau fortement incliné qui domine la riche vallée de l’oued Khalled, Thugga est une vieille cité numide qui était, au dire de Diodore de Sicile6, «d’une belle grandeur» au temps de l’expédition d’Agathocle. Promue au rang de résidence royale sous Massinissa et ses successeurs, elle devint l’une des villes principales du royaume numide. De l’urbanisme de cette époque nous savons peu de chose. Nous savons seulement que la ville était entourée d’une muraille dont on ignore jusqu’au tracé à l’exception du tronçon qui subsiste au Nord du site et devant lequel s’étend une nécropole dolménique. Nous pouvons également citer le célèbre mausolée libyco-punique restauré par les soins de regretté L. Poinssot et qui s’élève à la lisière Sud du site. Enfin, des sondages effectués dans le sous-sol du temple de Saturne, situé au nord-est du site, ont révélé que le terrain était déjà occupé par un sanctuaire consacré à Baal et qui remonte au IIe siècle avant J.-C.
Ce sont là les quelques vestiges de Thugga la numide connus à ce jour. Comme on peut en convenir aisément, c’est bien peu pour se faire une idée, même approximative, de l’organisation urbaine de la cité.
Par contre, pour l’époque romaine la documentation devient nettement plus abondante. Elle témoigne d’une frénésie de construction presque sans relâche qui va du règne de Tibère à la fin de celui des Sévères et même au-delà.
La première opération urbanistique qui nous est connue est celle réalisée aux frais de Lucius Postumius Chius. L’inscription ILAfr 558, datable de la dernière année du règne de Tibère, nous dit que ce membre du pagus forum et aream ante templum Caesaris strauit, aram Aug(usti), aedem Saturn(i), arcum d(e) s(ua) p(ecunia) f(aciendum) c(urauit). Peu de temps après, un autre membre du pagus offrit un arc à l’empereur Caligula dont la titulature fut remplacée en l’année 42 par celle de l’empereur Claude7. Toujours sous Caligula, Caius Pomponius Restitutus fît construire un temple à Jupiter Optimus Maximus8.
Le règne de Claude fut lui aussi marqué par la construction de nombreux monuments tels que le marché9offert par M. Licinius Rufus, une cella de Cérès10et un temple de la Fortune, Vénus et la Concorde11construits aux frais d’un couple d’affranchis de ce puissant personnage : M. Licinius Tyrannus et Licinia Prisca. Le premier nommé assura également la restauration du temple de Tibère à la construction duquel avait participé Viria Rustica, la grand-mère de son patron12.
Sous les Flaviens, on assiste à un arrêt presque total de la construction de monuments publics. Le seul monument qu’on pourrait faire remonter à cette période est le minuscule sanctuaire consacré à la Piété Auguste et construit en exécution du testament de Caius Pompeius Nahanus13.
Il faut attendre le règne d’Hadrien pour voir la frénésie de construction reprendre de plus belle. Pas moins de trois sanctuaires, dont l’un était un véritable complexe cultuel, furent érigés sous cet empereur. Un citoyen romain descendant de pérégrins de la civitas, Quintus Maedius Severus, fit bâtir un temple consacré à la Fortune Auguste, Vénus, la Concorde et Mercure14. Ce monument dont les vestiges subsistent encore sous la mosquée a une orientation Nord-Est tournant ainsi, si l’on peut dire, le dos au forum ce qui dénote une abscence totale de souci d’intégration à l’ensemble monumental créé autour de cette place.
À très peu de distance de distance de là, deux autres citoyens romains descendants de pérégrins, Aulus Gabinius Datus et sonfils M. Gabinius Bassus, tous deux tribules de la Quirina, édifièrent sur un terrain de leur propriété un vaste ensemble cultuel composé de quatre temples consacré l’un à la Concorde, l’autre à Neptune, le troisième à Pluton Frugifer, dieu poliade de Thugga, et le quatrième à Liber Pater15. À ce dernier sanctuaire a été adjoint un petit théâtre qui devait servir aux initiations et à la célébration des mystères16.
Enfin, le troisième sanctuaire bâti sous le règne d’Hadrien est celui qui a été construit en exécution du testament de M. Vinnicius Genialis prêtre des Cererespour l’année 127 (entre 83 et 89 après J.-C.) et patron de la civitas. Consacré à Minerve, il est situé en contre-bas de la maison dite de Dionysos et d’Ulysse dans une zone relativement éloignée du quartier du forum17.
Le culte de cette déesse semble avoir été en grande faveur auprès des habitants de Thugga puisqu’un autre temple lui fut consacré, dans la partie Nord-Ouest du site cette fois, quelques années plus tard, sous le règne d’Antonin le Pieux (138-161)18. Sous ce même règne, un autre membre de la gens Gabinia, Q. Gabinius Felix Faustianus, procéda à l’embellissement du forum en le dotant de portiques sur trois côtés19. Et c’est sous le règne suivant, celui conjoint de Marc-Aurèle et Lucius Verus, que Thugga se vit doter des deux monuments qui font aujourd’hui sa célébrité, à savoir le temple du Capitole et le théâtre. Construit aux frais de Lucius Marcius Simplex et dédié en l’année 166 ou 16720, le capitole de Dougga occupe une position inhabituelle par rapport au forum. En effet, au lieu d’avoir la façade tournée vers la place publique, il présente à celle-ci le flanc, disposition toute particulière qui ne se rencontre nulle part ailleurs. Deux années après la construction du Capitole, un autre membre de la famille des Marcii, Publius Marcius Quadratus, acheva la construction du théâtre21. Adossé au flanc d’une colline située au Nord-Est du forum, ce monument a une capacité estimé à environ 3500 spectateurs ce qui devait être nettement supérieur aux besoins réels de la population, même en tenant compte de ceux qui résidaient dans la campagne. Les Thuggenses ne s’étaient probablement jamais sentis à l’étroit sur les gradins de leur théâtre. Ils ne devaient être que plus reconnaissants envers le généreux bienfaiteur.
Le règne du dernier des Antonins vit la construction et l’aménagement du terrain resté libre à l’Est du Capitole et devant le marché. Un couple de flamines perpétuels, Quintus Pacuvius Saturus et sa femme Nahania Victoria, se chargea de la construction du temple de Mercure, ajouta un portique au marché et aménagea l’espace entre les deux monuments en une place qui fut appelée area macelli, aujourd’hui place de la Rose des Vents22.
Toujours sous le règne de Commode, et plus précisément entre l’année 184 et le premier semestre de l’année 185, la civitas procéda à la construction de l’aqueduc de Aïn Hammam et à l’ensemble de citernes du même nom situé à peu de distance à l’Ouest de Bab Er-Roumia, le nom arabe donné à l’arc de Sévère Alexandre23.
Sous le règne des Sévères, qui vit en l’année 205 la promotion de Thugga au rang de municipe et donc la disparition de la dualité pagus/civitas, l’effort de construction de monuments publics ne ralentit pas. Sous l’éphémère règne conjoint de Septime Sévère et Clodius Albinus, grâce à un legs de L. Octavius Roscianus, le pagus et la civitas édifièrent un temple de Saturne qui est venu remplacer le vieux sanctuaire de Baal24.
Sous Caracalla, Gabinia Hermiona offrit à la cité un luxueux temple consacré à la Victoire de cet empereur25. La même bienfaitrice fît également don du terrain qui portait déjà le nom circus et sur lequel sera édifié dix ans plus tard, sous le règne de Sévère Alexandre, le cirque de Dougga dont des vestiges ont été identifiés dans la zone nord-ouest du site26. Un autre membre de la gens Gabinia, Quintus Gabinius Rufus Felix Beatianus, fit construire le beau temple de Caelestis situé dans la partie Ouest du site27.
Cette documentation qui vient de vous être présentée très brièvement et de manière non exhaustive était déjà connue pour l’essentiel du regretté L. Poinssot. Dans un mémoire publié il y a maintenant 80 ans, ce savant avait attribué la fondation du forum et l’urbanisation de tout le quartier qui l’entoure aux membres du pagus qui «ne voulant ni ne pouvant fonder une ville nouvelle, désirent simplement avoir à proximité de l’ancienne cité punico-numide ‘ ce coin’ où ils soient bien chez eux 28».
Cette interprétation qui fait de Thugga une ville double, d’un côté la ville numide et de l’autre le quartier romain, est souvent citée sans avoir été jamais sérieusement discutée. Or, dans l’état actuel de la recherche, rien ne permet d’attribuer avec certitude une fondation romaine au forum. La découverte dans les environs immédiats de cette place d’éléments d’architecture qui avaient appartenu à des monuments pré-romains, militerait plutôt en faveur d’une origine numide. D’autre part, les monuments qui ont été présentés ne sont pas groupés dans un même quartier qui serait alors le quartier romain ; mais ils se repartissent sur l’ensemble du site, du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest. Par ailleurs, certains de ces monuments, pourtant situés à peu de distance du forum, ont été construits par des membres de la civitas; alors que d’autres, bien que se trouvant dans des zones qui selon la thèse de L. Poinssot devaient relever de la cité indigène, ont été édifiés par des membres du pagus. Enfin, tout le monde s’accorde pour placer le temple de Saturne construit sous Tibère, sur le côté Ouest du forum. Or, l’inscription ILAfr 551 nous apprend que ce sanctuaire qui devait relever du pagus, fut restauré au cours de la première moitié du IIe s. aux frais de la civitas.
Pour conclure, nous pouvons dire que l’hypothèse de L. Poinssot qui fait de Thugga une ville double, ville numide d’un côté et quartier romain de l’autre, reflète beaucoup plus l’idée que l’on se faisait à l’époque de l’organisation juridique de la cité, que la réalité historique. Thugga, qui ne fut jamais une commune double comme l’admettent désormais tous les spécialistes de l’histoire municipale de l’Afrique romaine, ne fut, non plus, jamais une ville double. C’est dans le même cadre urbain que les deux communautés juridiquement distinctes ont coexisté pendant un peu plus de deux siècles.

1  G.-Ch. Picard, La civilisation de l’Afrique romaine. Paris, 1990, p.169.
2  A. Piganiol , CRAI, 1962, p.76.
3  CIL, VIII, 26274= ILTun., 1370.
4  Cl. Poinssot, CRAI, 1962, p.69-70.
5  J. Gascou, Ant. Afr., 20, 1984, p.116-117.
6  Diodore de Sicile, XX, 57, 4.
7  CIL, VIII, 26519=ILAfr. 520.
8  CIL, VIII, 26475.
9  AE, 1922, 109= ILAfr., 559.
10  CIL, 26464.
11  CIL, 26603+ BCTH, n.s. V, 1969, p.218.
12  CIL, 26518+ ILAfr., 519.
13  CIL, 26493.
14  CIL, 26471.
15  CIL, 26467.
16  C. Poinssot, Les ruines de Dougga. Tunis, 1958, p.53-54.
17  Inscription inédite ainsi que le monument qu’elle concerne.
18  CIL, 26490.
19  CIL, 26524, ILAfr.521.
20  CIL, 15513.
21  CIL, 26528.
22  CIL, 26482=ILAfr.516.
23  C. Poinssot, Aqua Commodiana ciuitatis Aureliae Thuggae. Mélanges Carcopino. Paris, 1962, p.771 sq.
24  CIL, 26598.
25  CIL, 26546+ fragment inédit.
26  Cfr. Inscription précédente.
27  CIL, 26457, 26458…
28  Cl. Poinssot, NAM, 1913, p.175.

Le temple de la Victoire de Caracalla à Dougga                   

1Introduction

    Dans sa présentation de l’ouvrage Dougga. Fragments d’Histoire 1 , Azedine Beschaouch 2 n’a pas manqué de rappeler que pendant de nombreuses années et pour des raisons qu’il n’y a pas lieu d’évoquer ici, le site de Dougga est demeuré en marge de la recherche scientifique. Durant environ une trentaine d’années, en effet, ni les monuments déjà connus n’ont fait l’objet de nouvelles recherches de terrain; ni même ceux qui ont été mis au jour entre 1959 et 1962 lors des travaux menés par le alors tout jeune Institut National d’Archéologie et d’Art – héritier direct de la Direction des Antiquités du temps du protectorat français, et devenu depuis janvier 1993 Institut National du Patrimoine- et sous la direction du regretté Mongi Boulouednine, n’ont été étudiés. Il est donc aisé d’imaginer les conséquences qu’une telle situation n’a pas manqué d’engendrer sur l’état de la connaissance et l’important retard des études qui en a découlé.

C’est seulement à partir de 1991 que cette situation a commencé à changer. Le 21 juillet de cette année-là, lors d’un Conseil Ministériel présidé par le Chef de l’Etat fut en effet prise la décision d’aménager le site de Dougga en Parc Archéologique National. Dans le cadre de la réalisation de cet important projet de sauvegarde et de mise en valeur, la recherche scientifique a été alors relancée et un vaste programme d’inventaire et d’étude engagé. L’un des principaux volets de ce programme porte sur l’étude de l’architecture religieuse païenne de Thugga. Ce projet a été initiépar notre institut en coopération avec le centre AUSONIUS de l’Université de Bordeaux III 3 et avec la participation de collègues de l’Ecole d’Architecture de Marseille 4 et de l’Ecole Normale Supérieure de Paris 5 . Il a été entrepris pour pallier au peu de connaissance scientifique disponible sur les nombreux monuments cultuels découverts jusqu’ici à Dougga et pour combler le manque de documentation technique les concernant. Comme l’on sait, une telle connaissance et une telle documentation constituent les outils nécessaires pour leur sauvegarde et leur mise en valeur.

2) – La cité

    Quand on visite aujourd’hui le site, on ne manque pas de remarquer le grand nombre des monuments qui étaient consacrés aux dieux. Tant par la variété de leurs plans que par leurs caractéristiques architecturales, ils constituent un ensemble archéologique exceptionnel qui se trouve éclairé par un riche dossier épigraphique. Ce dossier a rendu possible l’identification assurée ou très probable de bon nombre de sanctuaires. Il fournit aussi la mention de quelques autres dont les vestiges restent soit à identifier parmi les lieux de culte païens encore anonymes, soit à découvrir. Ainsi, les sanctuaires attestés à ce jour à Dougga peuvent être répartis en trois groupes comme suit:
    1-temples attestés par l’épigraphie et par l’archéologie
temples Dougga Monuments
Il s’agit des monuments qui sont à la fois attestés par l’épigraphie et dont les vestiges archéologiques ont été reconnus soit avec certitude, soit avec une grande vraisemblance. Ce sont:
  • le temple deBaal Hamon- Saturne 6 ,
  • le temple de Tanit-Caelestis 7 ,
  • le temple du capitole 8 ,
  • le temple deMinerve I 9 ,
  • le temple de Minerve II 10 ,
  • le temple de Mercure 11 ,
  • le complexe cultuel édifié sous Hadrien par la famille des Gabinii et que les inscriptions appellent lestempla Concordiae,Frugiferi, Liberi Patris, Neptuni 12 ,
  • l’exèdre de Junon Reine 13 ,
  • le temple deTellus 14 ,
  • le temple de la Piété Auguste 15 ,
  • temple de Fortune Auguste, Vénus Concorde et Mercure Auguste. 16
2- temples anonymes ou à identification hypothétique
Ce sont les temples dont les vestiges archéologiques ont été retrouvés; mais dont l’identification demeure hypothétique ou pour lesquels aucune identification ne peut être avancée dans l’état actuel de la connaissance. C’est le cas des:
  • temple dit de Pluton 17 ,
  • temple dit de Neptune 18 ,
  • temple anonyme I, plus connu sous le nom de Dar Lachheb 19 ,
  • sanctuaire anonyme III, situé entre les thermes de Caracalla (ex liciniens) et le théâtre cultuel 20 ,
  • petit sanctuaire situé non loin du temple de Saturne 21 .
  • temple anonyme II, situé près du mausolée libyco-punique 22
  • temple anonyme IV, situé au nord du temple de Mercure 23
  • chapelle au sud du capitole 24

3- temples attestés par l’épigraphie et non encore identifiés

Il s’agit des temples qui ne sont attestés à ce jour que par leur mention épigraphique. Leur nombre s’élève actuellement à quatorze. En voici la liste:

1- temple de Tibère 25
2- temple de Saturne I 26
3- temple anonyme de l’époque de Claude 27
4- cella de Cérès 28
5- temple de Vénus Concorde 29
6- monument cultuel de la gens Flauia 30
7- temple de Cérès Prataria 31
8- temple anonyme de l’époque de Marc-Aurèle et de Lucius Verus 32
9- temple d’Esculape 33
10- temple anonyme de l’époque de Commode 34
11- temple de Cybèle 35
12- temple du Génie de la Patrie 36
13- temple du dieu Sol 37
14- temple du Génie de Caracalla 38

    Doit-on considérer tous les monuments mentionnés dans cette liste comme encore à découvrir? Ou bien ne doit-on pas penser plutôt qu’il n’est pas exclu que les vestiges de certains d’entre eux sont à chercher parmi les nombreux sanctuaires déjà découverts et encore anonymes, comme semblent le prouver les recherches récentes. En effet, les explorations qui viennent d’avoir lieu à l’ouest du théâtre ont permis de retrouver l’inscription dédiée au dieu Sol 39 dont le support n’avait pas été décrit par son inventeur. Cette redécouverte a permis de se rendre compte que le texte est gravé sur un linteau et qu’il est composé en réalité de quatre lignes et non pas d’une seule comme le faisait croire la première édition suivie par les éditeurs du CIL. Elle a permis également de montrer que cette inscription est la dédicace d’un monument dont les vestiges ont été mis au jour au cours de ces travaux. La même chose est arrivée trois décennies plus tôt pour le dernier temple mentionné dans la liste, celui du Génie de Caracalla.

    
II- Identification et localisation du temple de la Victoire germanique de Caracalla

1- La dédicace

    Ce sanctuaire est resté pendant longtemps connu seulement par sa dédicace incomplète gravée sur une frise dont l’un des fragments retrouvés a été signalé dès 1835 par Sir Grenville Temple dans son Excursions in the Mediterranean, Algiers and Tunis 40 . Cette inscription, le cil, qui courait sur cinq fragments composant un linteau d’une longueur totale d’environ 13m (12,85m pour être précis), est la dédicace pour le salut de Caracalla et sa famille d’un temple qui a été identifié par L. Poinssot qui en restitution d’une lacune a proposé de lire genius sanctissimus domini nostri 41 . Cette proposition hypothétique fut reprise dans le recueil des Inscriptions latines d’Afrique sous le numéro 527. La voici :
ligne 1
Pro salute imp(eratoris) caes(aris) di[ui Septimi Seueri Pii Ara]bici A[diabenici Par]thici maximi Britannici m[aximi filii d]iui M(arci) Anton[ini Sarmatici nepotis diui] Antonini Pii pronepotis diui Hadriani abne[potis diui Traiani Parthici et diui Neruae adnepotis]
Ligne 2
M(arci) Aureli Antonini Pii Felicis [Aug(usti) Parth(ici) max(imi) Brit(annici) max(imi) Ge]rm(anici) m[ax(imi) pont(ificis) max(imi) t]rib(unicia) potes(tate) XVII imp(eratoris) III co(n)s(ulis) IIII p(atris) p(atriae) por[co(n)s(ulis) et Iu]liae Domnae A[ug(ustae) Piae Felicis matris castro]rum et senatus et patriae totiusque diuinae domus [ei]us templum [genii sanctissimi D]omini nostri
Ligne 3
quod G[a]binia Hermiona testamen[to suo fieri praecepit………..ius………]ctu[s ? aedificauit idemq(ue) s]uo testamento die dedicationis et dei[……….q]uodannis epulu[m condecurionibus s]uis dari praecepit item agrum qui appellatur circus ad uo[luptates po]puli rei publ(icae) remisit.
    Il a fallu attendre les travaux effectués par le regretté Mongi Boulouednine dans les années 1959-1962 pour que sept nouveaux fragments revoient le jour et viennent combler quelques unes des lacunes qui restaient et permettre ainsi de juger de la valeur des restitutions proposées jusque là. Voici le texte tel qu’il peut être établi désormais:
ligne 1
Pro salute imp(eratoris) Caes(aris) di[ui Septimi Se]ueri Pii Arabici Adiabenici Pa[r]thici maximi Britannici m[aximi filii d]iui M(arci) Antonini Germ(anici) Sarm(atici) nepotis di[ui A]ntonini Pii pronepotis di[u]i Hadriani abne[potis diui] Traia[ni Parthici diui Ner]uae adnepotis
Ligne 2
M(arci) Aureli Antonini Pii Felicis A[ug(usti) Parth(ici) ] max(imi) Brit(annici) max(imi) Ge]rm(anici) m[ax(imi) pont(ificis) max(imi) [t]rib(unicia) potes(tate) XVII imp(eratoris) III co(n)s(ulis) IIII p(atris) p(atriae) por[co(n)s(ulis) et Iu]liae Domnae Piae Felicis Aug(ustae) matris Aug(usti) et castr[o]rum et senatus et patriae totiusque diuinae domus [eorum] templum Victoriae [Germanicae d]omini nostri
Ligne 3
quod G[a]binia Hermiona testamen[to suo ex ] HS C m(ilibus) n(ummum) fieri iussit [perfe]ctum et dedicatum es[t s]uo testamento die dedicationis et dei[nceps] quodannis epulum decurionibus ab her[e]dibus suis dari praecepit, item agrum qui appellatur circus ad uo[l]uptatem po[p]uli rei publ(icae) remisit 42 .
    Ce n’est donc pas au Génie de Caracalla comme l’a proposé L. Poinssot, mais à sa Victoire germanique 43 que Gabinia Hermiona a prescrit dans son testament de consacrer le temple

    2- Identification

    Le monument mentionné dans cette dédicace a été identifié en 1966 par Cl. Poinssot 44 avec le sanctuaire dont les vestiges venaient d’être mis au jour à peu de distance à l’ouest du temple anonyme dit Dar Lachheb au cours des travaux de fouilles effectués dans ce secteur par Mongi Boulouednine.
    Situé dans le quartier au sud ouest du forum, il a été érigé sur un terrain de forte déclivité ce qui a nécessité d’importants travaux de terrassement. Si, pour le moment nous ignorons à quelles constructions ce sanctuaire a succédé, nous savons qu’il est venu s’appuyer à l’arrière d’un nymphée monumental dont la construction doit remonter à l’époque de Commode 45 . Il est limité à l’est par la maison dite de Vénus 46 , à l’ouest par une rue qui descend vers le quartier des thermes de Aïn Dora et qui est enjambée par un arc à une baie dont les vestiges sont encore visibles à quelques mètres au nord de l’entrée du temple, alors que du côté sud, les remaniements successifs empêchent pour le moment de fixer les limites précises du monument.

3) – Description du monument

plan Dougga Monuments
Orienté au sud comme la petite chapelle située devant le capitole ou comme le nouveau sanctuaire qui vient d’être découvert à peu de distance au nord du temple de Mercure, il est de dimensions relativement importantes: 41,50m de long et 14,20m de large. C’est un temple sur podium, bâti au fond d’une cour dont il occupe toute la largeur. Associé à un arc de triomphe qui enjambe la rue qui descend du quartier du forum vers le quartier sud-ouest où se trouvent l’ensemble thermal de Aïn Dora 47 avec ses grands latrines publiques 48 et la batterie de citernes du même nom 49 , il présente sa face ouest, la seule visible, les trois autres étant mitoyennes, avec une colonnade heptastyle le long de la cella et reposant sur un soubassement en grand appareil à bossage. On y pénètre par une porte latérale percée près de son angle ouest et à laquelle on arrive par un escalier de trois marches qui donne sur un perron. Un porche distyle devait orner l’entrée. Celle-ci donne accès sur une cour de plan trapézoïdal, avec un dallage en croix. limité à chaque angle par quatre bassins dont les rainures d’encastrement de cancel et les mortaises des piliers d’ancrage sont conservées
facade Dougga Monuments
escalier1 Dougga Monuments
cella Dougga Monuments
    D’ordre toscan, tétrastyle in antis et pseudo-périptère sur les côtés intérieurs est et ouest, le temple proprement dit est accessible par un escalier axial de neuf marches, large de 3,90m et profond de 4 m, qui débouche sur une plate-forme. Large de 12 m et profond de 4,10m, le pronaos donne sur une cella unique dont la façade est distyle et dans laquelle on entre par une ouverture de 7 m que deux colonnes partagent en un triple passage. Sur chacun de ses longs côtés intérieurs, elle présente quatre niches rectangulaires larges de 2m et profondes de 0,70m qui devaient abriter chacune la statue d’une divinité comme en témoignent les trois bases dédiées à Apollon, Liber Pater et Neptune qui y ont été retrouvées lors des fouilles 50 . Une quatrième base, dédiée à Mercure 51 et qui leur est identique a été retrouvée dans les environs du théâtre. Elle devait, elle aussi, appartenir au monument. Dans le mur de fond et sur toute sa longueur, est aménagée une niche placée à 1,75m du sol. Celui-ci est recouvert de dalles placées en sept rangées régulières dans la partie ouest, et par un dallage très irrégulier où on note de nombreux remploi dans la partie est. Un opus sectile de 13,10 de long et 2,60m de large dont il ne subsiste que la fondation ornait la partie centrale de la cella.

3.1Conclusion

    Avec sa décoration d’ordre toscan et les caractéristiques de son plan, le temple de la Victoire de Caracalla vient enrichir les sous-groupes de la riche typologie des lieux de culte païen de Dougga et fournir un autre témoignage sur la vitalité de l’activité édilitaire sous les Sévères. Les recherches dont il fait l’objet ne manqueront pas d’apporter plus de précisions à ce propos.
    

1  – Dougga, Fragments d’histoire. Choix d’inscriptions latines éditées, traduites et commentées (Ier-IVe siècles). Sous la direction de Mustapha Khanoussi et Louis Maurin. INP-AUSONIUS. Bordeaux, 2000.
2  – Le texte de cette présentation a été publié dans CRAI,
3  – Ce projet fait suite au projet PETRAE-Dougga qui a été réalisé en coopération avec la même institution.
4  – MAP / CNRS-UMR 694
5  – En la personne de Véronique Brouquier-Reddé.
6  -.CIL, VIII, 27417; sur le monument et son histoire, voir M. Le Glay, Saturne africain. Monuments I. Paris, 1961, p.207-220.
7  – CIL, VIII, 26457; ILTun, 1385. Sur le monument, cfr R. Cagnat et P. Gauckler, Les monuments historiques de la Tunisie. Les monuments antiques. Les temples païens. Paris, 1898, p. 25-30, pl. XII-XIV; Cl. Poinssot, Les ruines de Dougga. Tunis, 1958, p. 40-42, n° 10; M. Khanoussi, Dougga (édition revue et augmentée). Tunis, 1998, p. 55 n° 35.
8  – CIL, VIII, 15513; R. Cagnat et P. Gauckler, op. cit., p. 1-4, pl. II; Cl. Poinssot, op. cit., p. 34 n° 7.
9  – A. Ep., 1997,1655. Sur ce monument encore inédit, voir M. Khanoussi, Dougga (édition revue et augmentée). Tunis, 1998, p. 49 n° 27.
10  – CIL, VIII, 26525; L. Carton, Découvertes épigraphiques et archéologiques faites en Tunisie (région de Dougga). Mém. Soc. Sc. Agr. Arts de Lille, 5 –IV, 1895, p. 166-167; L. Carton, Un édifice de Dougga en forme de temple phénicien. MNSAF, 1897, p. 52-60; Cl. Poinssot, op. cit., 69-70 n° 32..
11  – CIL, VIII, 26482; L. Poinssot, Fouilles de 1904. BCTH, 1905, p.; Cl. Poinssot, op. cit., p. 33 n° 5
12  – ILAfr, 515; CIL, VIII, 26468; ILTun, 1513; L. Poinssot, Les fouilles à Dougga en 1919 et le quartier du forum. NAMS 22, 1919, p. 138-144; Cl. Poinssot, op. cit., p. 52-54 n°16; V. Brouquier-Reddé et S. Saint-Amans, Epigraphie et architecture religieuse à Dougga: l’exemple des templa Concordiae, Frugiferi, Liberi Patris, Neptuni. dans “Dougga (Thugga). Etudes épigraphiques”. Textes réunis par M. Khanoussi et L. Maurin. Bordeaux, 1997, p. 175- 199.
13  – CIL, VIII, 26474; L. Poinssot , Nouvelles inscriptions de Dougga. NAMS, 18, 1909, p. 89; Cl. Poinssot, op. cit., p. 78 n° 37.
14  – ILAfr, 530; Cl. Poinssot, op. cit., p.45 n° 12; voir en dernier lieu P.-H. Tilmant, Dougga 5unisie). Étude du temple de Tellus. Revue des Archéologues et Historiens d’Art. XXVIII, 1995, p. 21-30.
15  – CIL, VIII, 26493; L. Poinssot, Les fouilles de Dougga en avril-mai 1903. NAMS, 12, 1904, p. 406-416; Cl. Poinssot, op. cit., p. 32 n° 3.
16  – CIL, VIII, 26471, 26547; ILAfr, 528; L. Poinssot, op. cit., p. 145-146.
17  – Cl. Poinssot, op cit., p. 62 n° 23.
18  – CIL, VIII, 26492; R. Cagnat et P. Gauckler, op. cit., p. 74; Cl. Poinssot, op.cit. p. 63 n° 25; M. Khanoussi, Dougga (édition revue et augmentée). Tunis, 1998, p. 16 n° 2
19  – CIL, VIII, 26527 auquel s’ajoutent 8 nouveaux fragments cf Samir Aounallah et Zeïneb Ben Abdallah, Les Calpurnii de Thugga. Dougga (Thugga). Études épigraphiques. Textes réunis par M. Khanoussi et L. Maurin. Bordeaux, 1997, p. 84-86; sur le monument voir Cl. Poinssot, op cit., p. 44 n°11.
20  – Sur ce monument qui a été considéré à tort comme faisant partie du complexe cultuel des Gabinii, voir Cl. Poinssot, op. cit., p. 45 n°12.
21  – Ce monument est encore inédit.

Cl. Poinssot, op. cit., p.63-64.

22  – M. Khanoussi, Dougga (édition revue et augmentée). Tunis, 1998, p. 71 n° 53.
23  – ibidem, p. 64 n° 45.
24  – ibidem, p. 33 n° 15
25  – ILAfr., 558
26  – ILAfr., 558
27  – CIL, VIII, 26475= DFH, 68.
28  – A. Ep., 1969-70, 648.
29  – A. Ep., 1969-70, 650.
30  – M. Christol, Remarques sur une inscription de Thugga. Le pagus dans la colonie de Carthage au 1er siècle ap. J.-C. Epigrafia. Actes du colloque en mémoire de Attilio Degrassi. Rome, 1991, p. 615.
31  – CIL, VIII, 26465.
32  – ILAfr, 555.
33  – CIL, VIII, 26456, 27356.
34  – CIL, VIII, 26500.
35  – CIL, VIII, 15527.
36  – CIL, VIII, 26472.
37  – CIL, VIII, 26499; M. Khanoussi, «Thugga: épigraphie et constructions publiques» dans “Dougga (Thugga). Études épigraphiques”. Textes réunis par M. Khanoussi et L. Maurin. Bordeaux, 1997, p. 118, ibid, Dougga (édition revue et augmentée). Tunis, 1998, p. 63 n° 44; ibid, Dougga. Fragments d’histoire. Choix d’inscriptions latines éditées, traduites et commentées (Ier-IV e siècles) sous la direction de M. Khanoussi et L. Maurin. Bordeaux, 2000, p. 121-122, n° 41.
38  – ILAfr, 527.
39  – CIL, VIII, 26499.
40  – Londres, 1835, p. 312 n° 38.
41  – L. Poinssot, NAM, XXI, fasc. 8, 1913, p. 143.
42  – Cfr. Dougga. Fragment d’histoire: choix d’inscriptions latines, éditées, traduites et commentées, Ier-IVe siècles. Sous la direction de M. Khanoussi et L. Maurin.Bordeaux, 2000, p. 114-117 n°39.
43  – Une base a été dédiée à la Victoire Parthica Britannica Germanica maxima Augusta de Caracalla sur le forum de la cité voisine d’Uchi Maius,   cfr CIL, VIII, 26243.
44  – Cl. Poinssot, BCTH, n s, 1966, p. ????
45  – Sur la dédicace de l’ensemble hydraulique auquel appartenait ce monument cf Dougga. Fragment d’histoire: choix d’inscriptions latines, éditées, traduites et commentées, Ier-IVe siècles. Bordeaux, 2000, p. 102-109, sur le monument, voir M. Khanoussi, Dougga . 2e édition revue et augmentée. Tunis, 1998, p. 54 n°34 ; A. Beschaouch, Ėpigraphie et ethographie. D’une fête populaire de Dougga, en Tunisie à la dédicace de l’aqueduc de Thugga, en Afrique romaine. CRAI, 2000, p. 1173-1178.
46  – M. Khanoussi, Dougga. 2 e édition revue et augmentée. Tunis, 1998, p. 50 n°33.
47  – Ibidem, p. 77 n°59.
48  – Ibidem, p. 78 n°60
49  – Ibidem, 1998, p. 76 n°57
50  – AEp., 1997, respectivement 1659, 1660 et 1662.
51  – AEp., 1997, 1661.

[:en]

The Caracalla Baths, The Early Empire, The Temple of Caracalla’s victory in Dougga

The Caracalla Baths

The public baths were bathing establishments to which the Romans added the palaestra for practising physical exercise. Going to the baths was an important part of daily life in Rome as in the other cities of the Empire. They were introduced in Africa during the lst century AD. To date, three establishments of this type have been discovered in Dougga, including those of Caracalla lying to the south-east of the forum.
A passage way paved with a mosaic of large white tesserae leads into the establishment, separating the baths from the temples of Concordia, Frugiferi, Liberi Patris and Neptune.     
atrium Dougga Monuments
  1. Dating:

The Baths were built under the reign of Emperor Caracalla between 212 and 217 AD.           
An inscription attesting to a partial restoration of the baths in the IVth century has enabled the construction to be dated:                   

atrium thermarum Antoninianorum ab antiquis c[oe]pt um exceptoriis in eodem loco su(b]s tan tibu[s], quod inperfecto opera corru[p]tum adque ruderib us foedat um [—] dius Honorati(a)n us, fl(amen) p(erpetuus), cur(ator) reip(ublicae) II, [cu]m statua

[s]ignoq(ue) felicissim [—A]uggg(ustorum), ratu opera fecit itemq[ue dedica]uit.
insphoto Dougga Monuments
The atrium of Antonine baths, usually built above the underlying reservoirs, in this instance was deteriorated because of the hasty and careless way it was built and was falling into ruin.            
[—]dius Honoratianus, perpetual flamen twice curator of the republic, built it in a reliable manner and adorned it with the statue and emblem of our three blessed Augustus’ [—], and he made the dedication.       
inscripion Dougga Monuments
«The Baths, a part of which were restored during the brief building revival of the third quarter of the IVth century by the curator[—]dius Honoratianus, perpetual flamen, were built under Caracalla and thus bore his name, supporting the assimilation of the city to a “little Rome”. Work carried out in the years 375 to 383 sought to repair an earlier construction or poor piece of restoration work. The atrium or vestibulum was the reception hall of a bathing establishment, and it is understandable that a partial reconstruction of the establishment during the following century would have attracted a donor wanting to promote himself by lavishing particular attention on the ornamentation of this reception room.                   » Khanoussi (M.) and Maurin (L.) (dir.), Dougga, Fragments d’histoire,insc. n°42, p.124.
  1. Typology :

    1. General Plan:

The plan is symmetrical, with an almost identical layout on either side of an axis. These baths rank amongst the largest in size in Africa.
The establishment is built on three levels :    
  • The access level
  • The use level
  • A service level :underground corridors            
plan Dougga Monuments
  1. The access level :

This consists of a front-door leading to the atrium, a rectangular shaped room (room a on the above plan). A large staircase of twenty-four steps leads from there to the second level.                   
escalier Dougga Monuments

2.-The use level:

It is composed of various rooms    « constituting the baths proper » Poinssot (C.), Les ruines de Dougga, p.48 .
entreeth Dougga Monuments

-Entrance hall , vestibule (V1) and changing rooms:

The stairs led into a first room which was :           
-a large square entrance hall (11m.50 square) surrounded by a portico of twelve columns paved with a largely conserved polychrome mosaic figuring a geometric pattern. “The walls bear traces of a green marble cladding at the base of which ran white marble skirting ». Poinssot (C.), Les ruines de Dougga, p.50 . It communicates through a double bay with:
-a vestibule (V1) serving as a transition space between the bathing rooms and the outside and opening to the west onto the
-the apodyterium, changing room
vestiaire Dougga Monuments

The bathing rooms:

– the frigidarium: cold baths room. This was a large covered room occupying the centre of the baths and consisting of three pools lying along the long sides. The walls were richly decorated with marble and stucco cladding, some bearing niches that must have contained statues.                   
frigidarium Dougga Monuments
-Threecaldaria: hot baths’ room, consisting of a large caldarium and two other smaller caldaria   lying on either side. These were the hottest rooms of the baths.                   
caldarium Dougga Monuments
-A tepidarium: a transition room containing two small basins. Not very large in size, it lay between the caldaria and the frigidarium.              

The ancillary rooms   :

-Two sudatoria: humid steam rooms to induce sweating. These steam bath rooms were oval in shape and functioned very much like today’s hammams or saunas.                   
sudatorium Dougga Monuments
    – Two laconica: dry heat rooms, their burning air provoked abundant perspiration. They were quadrangular in shape.                 
     – An elaothesium, a room were oil was stored and distributed and that no doubt served to give massages and oil frictions.
elaeothesium Dougga Monuments
       – A passage vestibule (V2) .
        -A palaestra : in the form of a large open-air courtyard surrounded by a portico. It was situated south-west of the frigidarium and north of the elaothesium.
entreepalestre Dougga Monuments

The palaestra was used for practicing physical exercise both by amateur as well as by professional sportsmen.

                  
palestre Dougga Monuments
colonnespales Dougga Monuments

The service level : the underground corridors     

The last level, in the basement were services were placed, was entered through two doors opening on either side of the large   caldarium and that were closed to users.   Only the attendants used these passageways. The space consisted of a large corridor that divided out into two branches, forming an upturned Y. The two side areas probably supported bronze boilers.                   
  1. The Bathers’ circuit:
Bathers naturally started out from the access level. A large staircase of twenty four steps led to the second level with its various rooms. On their way, bathers might encounter idle bathers passing the time on the landing playing a sort of dice game. The first room on the way down was the large entrance hall giving onto a vestibule (V1) from whence bathers reached the apodyterium where they undressed and crossed entirely naked without stopping in the frigidarium. They passed through a second vestibule (V2) laid out symmetrically to the first, to stop in the elaothesium, where they smeared their bodies with oil and then with fine sand. This practice was a sort of preliminary massage to limber up before training in the palaestra that lay to the north. These two substances served to soften the blows during training and avoid dislocations, sprains and fractures in the event of a fall. Fine sand was used for purposes of hygiene, to stop perspiration and for technical reasons to facilitate certain exercises such as wrestling. Oil was provided free of charge by the city’s rich donors.
In the palaestra, bathers participated in various games: wrestling, pankration, and boxing. The time spent at sports depended on the category of bathers and what they sought to achieve. Amateurs spent less time there, seeking to simply engage in some physical exercise before bathing, to remain fit and live longer. In this case sport was part of a healthy life style. Professional sportsmen spent more time in the palaestra. They devoted themselves exclusively to sport to prepare for competing in games and public sporting events.
                  
Once training was over, bathers passed through the vestibule to go to the sudatorium and onto the laconicum. In these two rooms they activated perspiration and also cleaned themselves, first by sprinkling themselves with warm water and then by using a strigil, a curved scraper shaped like a sickle, with which they scraped their bodies to remove the oil and sand: the Romans borrowed the use of the strigil from the Greeks. Then, they washed in the caldaria. In order not to burn their feet or to risk slipping, the bather wore wooden clogs. After that, they passed into the tepidarium before bathing in one of the frigidarium’s cold pools. In fact, the principle of the baths was based on the alternation of hot and cold designed to produce a sense of well-being. Finally bathers returned to the elaothesium to receive a last massage with oil and perfume to relax the body and muscles after their exertion. Here they were restored to a state of calm and relaxation before either going back to the apodyterium to dress and leave the baths or stay and engage in conversation.                   

2The circuit in short :

Atrium→ stairs → entrance hall → vestibule (1) → apodyterium → frigidarium→ vestibule (2) → elaothesium → vestibule (2) → palaestra → vestibule (2) → sudatorium → laconicum → caldarium → tepidarium → frigidarium → vestibule (1) → apodyterium.
During the Roman period the baths were a place for bathing, sport, and body care open to both genders at different times and to all social categories. Because unction with oil and sand required a large quantity of water for ablutions the Romans, and subsequently the Roman-Africans, attached the palaestra to the baths. Indeed, they completed their cleaning with the strigil on the one hand, and on the other, the rational use of baths (hot, warm and cold) combined with physical exercises, the different types of perspiration and massages with oil, had real therapeutic effects on the health of Thuggenses.
No doubt the establishment required numerous staff for maintenance, massages and physical training. It was a building devoted to hygiene, physical exercise, body-care, leisure and pastimes.                   

3. Bibliography:

  • Badelon (E.), Cagnat (R.) and Reinach (S.), Atlas archéologique de la Tunisie, au 1/50.000, feuille n°XXX III (Téboursouk), n°183, Paris 1892-1926.
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  • Naït-Yghil (F.), Pratiques sportives et spectacles de jeux athlétiques et de pugilat en Afrique à l’époque romaine, DEA thesis (Ancient History and Archaeology) supervised by Mustapha Khanoussi. Tunis 2003, University of Tunis, Faculty of Humanities and Social Sciences, p.120-121, (Unpublished).
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  • Thébert (Y.), Architectures thermales de la valléemoyenne de la Madjerda, doctoral thesis supervised by G. Picard. Paris-Sorbonne, 1981-1982.
  • Thébert (Y.), «Problèmes de circulation dans les thermes d’Afrique du Nord», in Les thermes romains, Actes de la table ronde organisée par l’École française de Rome (Rome, 11-12 novembre 1998). EFR, 1991, p.139-149.

The Early Empire

    The history of Proconsular Africa’s urban development still remains to be written. One of the reasons explaining the lack of interest on behalf of scholars seems to lie in the complexity of the subject . G.-Ch. Picard, one of the best scholars of the history and archaeology of ancient Africa, has indeed just remarked in the recent new edition of his Civilisation of Roman Africa “that amongst all the Roman cities of Africa there are no two identical urban plans” 1 . All those possessing a sound knowledge of North Africa’s ancient sites can only agree with the statement. For, despite the perceived resemblance that occasionally smacks of uniformity, gained from a visit to sites such as Thuburbo Majus, Sebeitla or Timgad, the attentive visitor will occasionally notice substantial differences and frequently those of detail. From the point of view of urban planning and urban development, Roman period African cities do not form a homogeneous group. They can, on the contrary be divided into four groups:
    -The first group is formed of cities of pre-Roman origin that became peregrine after the Roman conquest, as for instance, Bulla Regia, in the Great Plains. These cities did not undergo sudden change in the composition of their population. They continued, for a more or less long time, depending on the case, to be administered as before. The slow and gradual transformation of their urban landscape did not seem to have occasioned major upheavals in the general scheme of urban organisation inherited from the preceding period.                   
-The second group is composed of colonial foundations, either on a cleared site following destruction, for example, like Carthage, or on a vacant site, as for example Sufetula. Here Roman surveyors were able to draw cities according to the orthogonal plan so dear to their hearts.
-The third group comprises the colonies established on the very site of an existing city such as Sicca Veneria or Simitthus. In the present state of research nothing almost is known of the consequences of the foundation of a colony on these cities’ urban organisation.                   
-Finally, the fourth and last group is made of peregrine cities in which groups of Roman citizens organised into pagi depending on a colony settled on their territory.                   A. Piganiol 2 dates this original organisation that was to last more than two centuries, to the time of Caesar.   But a revised reading of the famous inscription stone of                   Marcus Caelius Phileros of Uchi Maius 3 to which M. Azedine Beschaouch has recently proceeded, now enables the system to be definitively assigned to Octavian Augustus and also provides a confirmation of Claude Poinssot 4 and later Jacques Gascou’s 5 thoughts on the matter.
    Amongst the cities that can be assigned to this group, Thugga, present day Dougga, is the site that for the moment at least, provides the richest epigraphic as well as archaeological documentation. Built on a steeply inclined plateau dominating the rich wadi Khalled valley, Thugga is an old Numidian city that, according to Diodorus of Sicily    6 , was “of a fine size » at the time of Agathocles’ expedition. Promoted to the ranks of royal residences under Massinissa and his successors, it became one of the foremost cities of the Numidian kingdom. Not much is known of the urban development of those times. All we know is that the city was surrounded by walls, although we do not know where they ran except for the remaining section to the north of the site before which lies a dolmenic necropolis. The famous Libyco-Punic mausoleum can be mentioned here, restored by the late L. Poinssot, rising on the southern confines of the site. Finally, surveys carried out underneath the temple of Saturn, situated to the north east of the site, have revealed that the land was already occupied by a sanctuary devoted to Baal dating to the IInd century BC.
    These are the few vestiges of Numidian Thugga known so far. As can easily be surmised, it is not much on which to base even an approximate idea of the city’s urban organisation.                   
    However, regarding the Roman period, documentation is clearly more abundant. It testifies to a relentless building boom lasting from the reign of Tiberius to the end of the Severans’ reign and even beyond.
    The first known urban operation was carried out at the expense of                Lucius Postumius Chius. The inscription ILAfr 558, datable to the last year of the reign of Tiberius, tells us that this member of the pagus forum et aream ante templum Caesaris strauit, aram Aug(usti), aedem Saturn(i), arcum d(e) s(ua) p(ecunia) f(aciendum) c(urauit). Shortly afterwards, another member of the pagus donated an arch to Emperor Caligula whose tenure was replaced in the year 42 by that of Emperor Claudius 7 . Still under Caligula, Caius Pomponius Restitutus had a temple built to Jupiter Optimus Maximus 8 .
    Claudius’ reign was also marked by the construction of many monuments such as the market 9 donated by M. Licinius Rufus, a   cella to Ceres 10 and a temple of    Fortune, Venus and Concordia 11 built at the expense of a couple of freedmen of this powerful figure : M. Licinius Tyrannusand Licinia Prisca. The above mentioned also provided for the restoration of the temple of Tiberius to which Viria Rustica, grandmother of his patron 12 also participated.                   
Under the Flavians, the construction of public monuments came to an almost total standstill. The only monument that could be assigned to this period is the tiny sanctuary devoted to Augustan Piety and built in execution of the will of Caius Pompeius Nahanus 13 .
    Not until the reign of Hadrian did the building frenzy resume. No less than three sanctuaries, one of which is a proper religious complex, were built under this emperor. A Roman citizen descended from the civitas peregrini, Quintus Maedius Severus, had a temple built devoted to Augustan Fortune, Venus, Concordia and Mercury 14 . This monuments whose vestiges still exist under the mosque, is oriented north-easterly, turning its back, so to speak, on the forum, thus denoting a total lack of concern for integration into the monumental ensemble created around the square.
    A short distance away, two other Roman citizens descending from peregrini, Aulus Gabinius Datus and his son M. Gabinius Bassus, both tributles of the Quirina, built a vast religious complex on land they owned composed of four temples devoted, one to Concordia, the other to Neptune, the third to Pluto Frugiferi, poliad god of Thugga, and the fourth to Liberi Patris 15 . A small theatre was adjoined to the latter temple that must have served for initiations and for the celebration of mysteries 16 .
    Finally, the third sanctuary built under the reign of Hadrian was built in execution of the will of M. Vinnicius Genialis priest of the Cereresfor the year 127 (between 83 and 89 AD) and patron of the civitas. Dedicated to Minerva, it lies downhill from the house known as that of Dionysos and Ulysses at some distance from the forum 17 .
    The cult of this goddess seems to have been very popular with the inhabitants of Thugga since another temple was also devoted to her, a few years later, in the north-eastern part of the site, under the reign of Antoninus Pious   (138-161) 18 . Under the same reign, another member of the gens Gabinia, Q. Gabinius Felix Faustianus, embellished the forum by endowing it with a portico on three sides 19 . And it was under the following joint reign of Marcus Aurelius and Lucius Verus, that Thugga was endowed with the two monuments that have made it famous today, i.e. the Capitol temple and the theatre. Built at the expense of Lucius Marcius Simplex and dedicated in the year 166 or 167 20 , the Dougga capitol occupies an unusual position with regards to the forum. Indeed, instead of its façade looking onto the public square, it is its side that faces it, a particular layout that has never been attested anywhere else. Two years after the Capitol was built another member of the Marcii, Publius Marcius Quadratus, family built the theatre 21 . Its back to the hillside situated to the north-east of the forum, this monument had an estimated capacity of about 3500 spectators which must have been well above the real needs of the population, even taking account of those who lived in the countryside. The Thuggenses probably never felt cramped in the seats of their theatre. They must have been all the more grateful to their generous benefactor.                   
    The reign of the last of the Antonines saw the construction and the development of the still vacant land to the east of the Capitol and in front of the market. A couple of perpetual flamens, Quintus Pacuvius Saturus and his wife Nahania Victoria, saw to the construction of the temple of Mercury, added a portico to the market and had a square built in the space between the two monuments that was called area macelli, today known as the square of the Wind rose 22 .
Under the reign of Commodius, and more precisely between the year 184 and the first semester of the year 185, the civitas proceeded to construct the Aïn Hammam aqueduct and the cisterns of the same name, located at a short distance west of        Bab Er-Roumia, the Arabic name given to the Severus Alexander arch 23 .
    Under the reign of the Severans, where the year 205 saw the promotion of Thugga to the ranks of municipium and thereby the demise of the pagus/civitas, the drive to build public monuments did not slow down. Under the ephemeral joint reign of Septimus Severus and Clodius Albinus, thanks to a legacy from L. Octavius Roscianus, the pagus and the civitas built a temple to Saturn that replaced the old sanctuary to Baal 24 .
    Under Caracalla, Gabinia Hermiona gave the city a luxurious temple devoted to the Victory of the emperor 25 . The same benefactress also donated land already bearing the name of circus on which, ten years later, under the reign of Severus Alexander, the circus of Dougga was built, whose vestiges have been identified in the north-western area of the site 26 . Another member of the gens Gabinia, Quintus Gabinius Rufus Felix Beatianus, donated the fine temple of Caelestis located in the western part of site 27 .
This above documentation presented in a brief and non exhaustive manner was for the most part known to the late L. Poinssot. In a paper published 80 years ago now, the scholar attributed the foundation of the forum and the urban development of the entire quarter surrounding it to members of the pagus who “did not want nor could found a new city, wishing simply to have a place they could call home near the Punico Numidian city  28 ».
This interpretation making Thugga a double city, on the one side a Numidian city and on the other the Roman quarter, is often cited without ever having been seriously discussed. Yet, in the present state of research, nothing authorises the foundation of the forum to be unequivocally attributed to the Roman period. The discovery in the immediate surroundings of the square, of architectural elements having belonged to pre-Roman monuments, would argue in favour rather of a Numidian origin. On the other hand, the monuments presented are not grouped in the same quarter which would then be the Roman quarter; but are spread all over the site, from north to south and from east to west. Moreover, certain monuments, even though situated not far from the forum, were built by members of the civitas ; while others, although lying in the areas which, according to L. Poinssot’s thesis, belonged to the native city, were built by members of the pagus. Finally, there is general agreement to place the temple of Saturn, built under Tiberius, on the western side of the forum. Yet the inscription ILAfr 551 tells us that the sanctuary that should have depended on the pagus, was restored during the first half of the IInd century, at the expense of the civitas.
To conclude, we can say that L. Poinssot’s hypothesis sustaining that the city of Thugga was a double city, Numidian city on the one side and roman quarter on the other, is based rather more on speculation as to what the juridical organisation of the city was at the time than on any historical reality. Thugga, which was never a double commune, as all specialists of Roman Africa’s municipal history now admit, was never a double city either. It was within the same urban framework that the two juridically distinct communities coexisted during a little over two centuries.

1  G.-Ch. Picard, La civilisation de l’Afrique romaine. Paris, 1990, p.169.
2  A. Piganiol , CRAI, 1962, p.76.
3  CIL, VIII, 26274= ILTun., 1370.
4  Cl. Poinssot, CRAI, 1962, p.69-70.
5  J. Gascou, Ant. Afr., 20, 1984, p.116-117.
6  Diodorus of Sicily, XX, 57, 4.
7  CIL VIII, 26519=ILAfr,520
8  CIL, VIII, 26475.
9  AE, 1922, 109= ILAfr., 559.
10  CIL, 26464.
11  CIL, 26603+ BCTH, n.s. V, 1969, p.218.
12  CIL, 26518+ ILAfr., 519.
13  CIL, 26493.
14  CIL, 26471.
15  CIL, 26467.
16  C. Poinssot, Les ruines de Dougga. Tunis, 1958, p.53-54.
17  Both the inscription and the monument it refers to are unpublished.
18  CIL, 26490.
19  CIL, 26524, ILAfr.521.
20  CIL, 15513.
21  CIL, 26528.
22  CIL, 26482=ILAfr.516.
23  C. Poinssot, Aqua Commodiana ciuitatis Aureliae Thuggae. Mélanges Carcopino. Paris, 1962, p.771 sq.
24  CIL, 26598.
25  CIL, 26546+ unpublished fragment.
26  Cfr. Preceding inscription.
27  CIL, 26457, 26458…
28  Cl. Poinssot, NAM, 1913, p.175.

The Temple of Caracalla’s victory in Dougga

1Introduction

    In presenting the book Dougga. Fragments d’Histoire 1 ,(Dougga Fragments of History) Azedine Beschaouch 2 recalled that for many years and for reasons that need not be mentioned here, the site of Dougga remained in the margin of scientific research. For about thirty years, indeed, new field research was neither carried out on already known monuments nor were those excavated between 1959 an 1962 by the then very young National Institute of Art and Archaeology – direct heir to the Department of Antiquities under the French Protectorate and then turned into the National Heritage Institute in January 1993 – under the direction of the late Mongi Boulouednine, ever studied. It is not difficult to imagine the consequences of such a situation on the state of knowledge and as a result, the extent to which studies have lagged behind.                   

Not before 1991 did the situation start to change. On 21 July of that year, during a cabinet meeting chaired by the Head of State, the decision was taken to turn the site of Dougga into an National Archaeological Park. Within the context of this important conservation, presentation and interpretation project, scientific research was given new impetus and a vast inventory and study programme was launched. One of the programme’s major areas of focus concerns a study of pagan religious architecture in Thugga. The project was initiated by our institute in cooperation with the AUSONIUS centre of the University  of Bordeaux III 3 and with the participation of colleagues from the Marseille school of Architecture 4 and the Ecole Normale Supérieure of Paris 5 . It was undertaken to remedy the lack of available scientific knowledge on the many religious monuments discovered so far in Dougga and to fill the gaps in technical documentation pertaining to them. Clearly, such knowledge and documentation constitute necessary tools for their conservation, presentation and interpretation.                   

2I- The City

    In visiting the site today, one cannot help but be struck by the large number of monuments devoted to the gods. Both for the variety of their plans and their architectural features, they constitute an exceptional architectural ensemble, further enhanced by a rich epigraphic documentation that has helped to shed light on them.. This has led to the positive or very probable identification of many of the sanctuaries. Mention is also made of a few others whose vestiges either remain to be identified, amongst the as yet anonymous pagan religious monuments, or to be discovered. Thus, the sanctuaries attested to date in Dougga can be divided into three groups as follows. :
    1-temples attested by epigraphy and by archaeology.      
temples Dougga Monuments
These are monuments that are both attested by epigraphy and by archaeological vestiges either positively recognized or with great likelihood. They are:                   
  • The temple of Baal Hammon- Saturn 6 ,
  • The temple of Tanit-Caelestis 7 ,
  • The temple of Capitol 8 ,
  • The temple of Minerva I 9 ,
  • The temple of Minerva II 10 ,
  • The temple of Mercury 11 ,
  • The religious complex built under Hadrian by the Gabinii family referred to by inscriptions as thetempla Concordiae,Frugiferi, Liberi Patris, Neptuni 12 ,
  • The exedra of Juno Regina 13 ,
  • The temple of Tellus 14 ,
  • The temple of Augustan Piety 15 ,
  • The temple of Augustan Fortune, Venus Concordia and Mercury. 16
2- Anonymous or tentatively identified temples.
These are temples whose archaeological vestiges have been found but whose identification remains hypothetical or for which no identification can be suggested in the present state of knowledge. This is the case of:                   
  • Temple so called of Pluto 17 ,
  • Temple so called of Neptune 18 ,
  • Anonymous temple I, better known as Dar Lachheb 19 ,
  • Anonymous sanctuary III, situated between the Caracalla baths (ex Licinian) and the cult theatre 20 ,
  • Small sanctuary situated no far from the temple of Saturn 21 .
  • Anonymous temple II, situated close to the Libyco-Punic Mausoleum 22
  • Anonymous temple IV, located north of the temple of Mercury 23
  • Chapel south of the capitol 24
3- Temples attested by epigraphy and not yet identified.      

These are temples that to date have only been attested by an epigraphic mention. There are fourteen of these at the moment figuring on the list:    

1- temple of Tiberius 25
2- temple of Saturn I 26
3- anonymous temple from the time of Claudius 27
4- cella of Ceres 28
5- temple of Venus Concordia 29
6- religious monument of the gens Flauia 30
7- temple of Ceres Prataria 31
8- anonymous temple from the Marcus Aurelius and Lucius Verus era 32
9- temple of Aesculapius 33
10- anonymous temple from the Commodius era 34
11- temple of Cybele 35
12- temple of the Genius of the fatherland 36
13- temple of the god Sol 37
14- temple of the Genius of Caracalla 38

    Should all the monuments mentioned on this list be considered as yet to be discovered? Or rather, might it not be possible that the vestiges of some may be found amongst the many sanctuaries already discovered but remaining anonymous, as recent research seems to prove. Indeed, exploration recently carried out to the west of the theatre has led to the discovery of the inscription dedicated to the god Sol 39 whose support had not been described by its discoverer. This rediscovery led to the realisation that the text was carved on a lintel and that in fact it consisted of four lines and not of a single line as the first publication, followed by the CIL publishers, had suggested. It also proved that the inscription was the dedication of a monument whose vestiges were excavated during this work campaign. The same thing occurred three decades ago for the last temple mentioned on the list, that of the genius of Caracalla.                   

    
II- Identification and location of the temple of Caracalla’s Germanic Victory      
1- The dedication
    For a long time this sanctuary was known only from its incomplete dedication carved on the frieze, one of the found fragments of which was mentioned in 1835 by Sir Grenville Temple in his Excursions in the Mediterranean, Algiers and Tunis 40 . The inscription, running over five fragments composing a lintel of about 13m in length (precisely 12,85m) is a dedication, for the protection of Caracalla and his family, of a temple identified by L. Poinssot who, in attempting to reconstruct a missing part, suggested to read genius sanctissimus domini nostri 41 . This tentative proposal was reproduced in the collection of Inscriptions latines d’Afrique under number   527 as follows.
Line 1
Pro salute imp(eratoris) caes(aris) di[ui Septimi Seueri Pii Ara]bici A[diabenici Par]thici maximi Britannici m[aximi filii d]iui M(arci) Anton[ini Sarmatici nepotis diui] Antonini Pii pronepotis diui Hadriani abne[potis diui Traiani Parthici et diui Neruae adnepotis]
Line 2
M(arci) Aureli Antonini Pii Felicis [Aug(usti) Parth(ici) max(imi) Brit(annici) max(imi) Ge]rm(anici) m[ax(imi) pont(ificis) max(imi) t]rib(unicia) potes(tate) XVII imp(eratoris) III co(n)s(ulis) IIII p(atris) p(atriae) por[co(n)s(ulis) et Iu]liae Domnae A[ug(ustae) Piae Felicis matris castro]rum et senatus et patriae totiusque diuinae domus [ei]us templum [genii sanctissimi D]omini nostri
Line 3
quod G[a]binia Hermiona testamen[to suo fieri praecepit………..ius………]ctu[s ? aedificauit idemq(ue) s]uo testamento die dedicationis et dei[……….q]uodannis epulu[m condecurionibus s]uis dari praecepit item agrum qui appellatur circus ad uo[luptates po]puli rei publ(icae) remisit.
    It was necessary to wait for the work of the late Mongi Boulouednine between   1959-1962 to see seven new fragments come to light and fill some of the remaining gaps thereby enabling the pertinence of the previously proposed reconstructions to be judged. This is the text such as it can now be established.                   
line 1
Pro salute imp(eratoris) Caes(aris) di[ui Septimi Se]ueri Pii Arabici Adiabenici Pa[r]thici maximi Britannici m[aximi filii d]iui M(arci) Antonini Germ(anici) Sarm(atici) nepotis di[ui A]ntonini Pii pronepotis di[u]i Hadriani abne[potis diui] Traia[ni Parthici diui Ner]uae adnepotis
Line 2
M(arci) Aureli Antonini Pii Felicis A[ug(usti) Parth(ici) ] max(imi) Brit(annici) max(imi) Ge]rm(anici) m[ax(imi) pont(ificis) max(imi) [t]rib(unicia) potes(tate) XVII imp(eratoris) III co(n)s(ulis) IIII p(atris) p(atriae) por[co(n)s(ulis) et Iu]liae Domnae Piae Felicis Aug(ustae) matris Aug(usti) et castr[o]rum et senatus et patriae totiusque diuinae domus [eorum] templum Victoriae [Germanicae d]omini nostri
Line 3
quod G[a]binia Hermiona testamen[to suo ex ] HS C m(ilibus) n(ummum) fieri iussit [perfe]ctum et dedicatum es[t s]uo testamento die dedicationis et dei[nceps] quodannis epulum decurionibus ab her[e]dibus suis dari praecepit, item agrum qui appellatur circus ad uo[l]uptatem po[p]uli rei publ(icae) remisit 42 .
    It was therefore not to the genius of Caracalla as L. Poinssot, suggested but to his Germanic 43 Victory that Gabinia Hermiona prescribed in her will the temple should be devoted to.
    2- Identification
    The monument mentioned in this dedication was identified in 1966 by Cl.            Poinssot 44 with the sanctuary whose vestiges had just been excavated at a short distance west of the anonymous temple known as Dar Lachheb during excavations carried out in the sector by Mongi Boulouednine.
    Situated in the quarter to the south west of the forum, it was built on very steep land that required major terracing. If, for the moment it is not known what constructions preceded the sanctuary, we know that it was built against a monumental nymphaeum that must have been built during the times of Commodius 45 . It is bordered to the east by the house of Venus 46 , to the west by a street running down towards the Aïn Dora baths quarter, over which spans an arch of a single bay whose vestiges are still visible a few meters to the north of the temple entrance, while on the southern side, successive remodelling makes it impossible for the moment to determine the limits of the monument with any accuracy.

23- Description of the monument

plan Dougga Monuments
Facing south like the little chapel situated in front of the capitol or like the new sanctuary that has just been discovered a short distance north of the temple of Mercury, it is relatively large: 41,50m long by 14,20m wide. It is built over a podium at the far end of a courtyard, of which it occupies the whole width. Associated with a triumphal arch spanning the street leading down from the forum quarter to the south west quarter where the thermal complex of Aïn Dora 47 is to be found, with its large public latrines 48 and the series of cisterns of the same name 49 , it presents its western façade, the only visible one since the other three are shared with other buildings, with a heptastyle colonnade along the cella, resting on a base wall of rusticated masonry. Access is through a side door pierced near the western corner which is reached from a flight of three steps giving onto a porch. A distyle porch must have adorned the entrance which leads into the trapezoidal courtyard, with a cross shaped paving limited at each corner by four basins. The grooves, in which the closure slab was bedded, and the mortises of the anchorage pillars are still visible.                 
facade Dougga Monuments
escalier1 Dougga Monuments
cella Dougga Monuments
    Belonging to the Tuscan order, tetrastyle in antis and pseudo-peripteral on the eastern and western interior sides, the temple as such was reached by a central flight of nine steps, 3,90m wide and 4m deep, leading onto a platform. The 12m wide and 4,10m deep pronaos gave onto a single cella with a distyle façade. Entrance was through a 7m wide opening divided into three passages by two columns. On each of its long interior sides, it presents four 2m wide and 0,70m deep rectangular niches that must each have contained a statue of a divinity as attested by the three bases dedicated to Apollo, Liberi Patris and Neptune that were found in the excavations 50 . A fourth identical base, dedicated to Mercury 51 was found in the vicinity of the theatre. It must also have belonged to the monument. The end wall contains a niche 1,75m from the ground that runs along its entire length. The floor is paved with slabs arranged in seven regular rows in the western part whereas in the eastern part the paving is irregular with the use of many reclaimed pieces. A 13,1m long and 2,60m wide opus sectile, of which only the foundation remains, ornamented the centre of the cella.                   

1.1Conclusion

    With its decoration of the Tuscan order and the features of its plan, the temple of Caracalla’s Victory has come to enrich the sub-groups belonging to the rich typology of pagan religious buildings in Dougga and provides further evidence of the vitality of aediles under the Severan emperors. Further research in this area will certainly contribute new details.            
    

1  – Dougga, Fragments d’histoire. Choix d’inscriptions latines éditées, traduites et commentées (Ier-IVe siècles). Directed by Mustapha Khanoussi et Louis Maurin. INP-AUSONIUS. Bordeaux, 2000.
2  – The text of this presentation was published in CRAI,
3  – This project follows on from the PETRAE-Dougga project implemented in cooperation with the same institution..
4  – MAP / CNRS-UMR 694
5  – In the person of Véronique Brouquier-Reddé.
6  -.CIL, VIII, 27417; on the monument an dits history see M. Le Glay, Saturne africain. Monuments I. Paris, 1961, p.207-220.
7  – CIL, VIII, 26457; ILTun, 1385. On the monument, cfr R. Cagnat et P. Gauckler, Les monuments historiques de la Tunisie. Les monuments antiques. Les temples païens. Paris, 1898, p. 25-30, pl. XII-XIV; Cl. Poinssot, Les ruines de Dougga. Tunis, 1958, p. 40-42, n° 10; M. Khanoussi, Dougga (revised and augmented édition). Tunis, 1998, p. 55 n° 35.
8  – CIL, VIII, 15513; R. Cagnat et P. Gauckler, op. cit., p. 1-4, pl. II; Cl. Poinssot, op. cit., p. 34 n° 7.
9  – A. Ep., 1997,1655. On this still unpublished monument see M. Khanoussi, Dougga (revised and augmented edition). Tunis, 1998, p. 49 n° 27.
10  – CIL, VIII, 26525; L. Carton, Découvertes épigraphiques et archéologiques faites en Tunisie (région de Dougga). Mém. Soc. Sc. Agr. Arts de Lille, 5 –IV, 1895, p. 166-167; L. Carton, Un édifice de Dougga en forme de temple phénicien. MNSAF, 1897, p. 52-60; Cl. Poinssot, op. cit., 69-70 n° 32..
11  – CIL, VIII, 26482; L. Poinssot, Fouilles de 1904. BCTH, 1905, p.; Cl. Poinssot, op. cit., p. 33 n° 5
12  – ILAfr, 515; CIL, VIII, 26468; ILTun, 1513; L. Poinssot, Les fouilles à Dougga en 1919 et le quartier du forum. NAMS 22, 1919, p. 138-144; Cl. Poinssot, op. cit., p. 52-54 n°16; V. Brouquier-Reddé et S. Saint-Amans, Epigraphie et architecture religieuse à Dougga: l’exemple des templa Concordiae, Frugiferi, Liberi Patris, Neptuni. in “Dougga (Thugga). Etudes épigraphiques”. Texts collected by M. Khanoussi et L. Maurin. Bordeaux, 1997, p. 175- 199.
13  – CIL, VIII, 26474; L. Poinssot , Nouvelles inscriptions de Dougga. NAMS, 18, 1909, p. 89; Cl. Poinssot, op. cit., p. 78 n° 37.
14  – ILAfr, 530; Cl. Poinssot, op. cit., p.45 n° 12; see ultimately P.-H. Tilmant, Dougga Tunisie). Étude du temple de Tellus. Revue des Archéologues et Historiens d’Art. XXVIII, 1995, p. 21-30.
15  – CIL, VIII, 26493; L. Poinssot, Les fouilles de Dougga en avril-mai 1903. NAMS, 12, 1904, p. 406-416; Cl. Poinssot, op. cit., p. 32 n° 3.
16  – CIL, VIII, 26471, 26547; ILAfr, 528; L. Poinssot, op. cit., p. 145-146.
17  – Cl. Poinssot, op cit., p. 62 n° 23.
18  – CIL, VIII, 26492; R. Cagnat and P. Gauckler, op. cit., p. 74; Cl. Poinssot, op.cit. p. 63 n° 25; M. Khanoussi, Dougga (revised and augmented édition). Tunis, 1998, p. 16 n° 2
19  – CIL, VIII, 26527 to which 8 new fragments are added cf Samir Aounallah and Zeïneb Ben Abdallah, Les Calpurnii de Thugga. Dougga (Thugga). Études épigraphiques. Texts collected by M. Khanoussi and L. Maurin. Bordeaux, 1997, p. 84-86; on the monument see Cl. Poinssot, op cit., p. 44 n°11.
20  – On this monument wrongly considered as being part of the Gabinii religious complex see Cl. Poinssot, op. cit., p. 45 n°12.
21  – This monument is still unpublished.

Cl. Poinssot, op. cit., p.63-64.

22  – M. Khanoussi, Dougga (revised and augmented edition). Tunis, 1998, p. 71 n° 53.
23  – ibidem, p. 64 n° 45.
24  – ibidem, p. 33 n° 15
25  – ILAfr., 558
26  – ILAfr., 558
27  – CIL, VIII, 26475= DFH, 68.
28  – A. Ep., 1969-70, 648.
29  – A. Ep., 1969-70, 650.
30  – M. Christol, Remarques sur une inscription de Thugga. Le pagus dans la colonie de Carthage au 1er siècle ap. J.-C. Epigrafia. Actes du colloque en mémoire de Attilio Degrassi. Rome, 1991, p. 615.
31  – CIL, VIII, 26465.
32  – ILAfr, 555.
33  – CIL, VIII, 26456, 27356.
34  – CIL, VIII, 26500.
35  – CIL, VIII, 15527.
36  – CIL, VIII, 26472.
37  – CIL, VIII, 26499; M. Khanoussi, «Thugga: épigraphie et constructions publiques» in “Dougga (Thugga). Études épigraphiques”. Texts collected by M. Khanoussi et L. Maurin. Bordeaux, 1997, p. 118, ibid, Dougga (revised and augmented édition). Tunis, 1998, p. 63 n° 44; ibid, Dougga. Fragments d’histoire. Choix d’inscriptions latines éditées, traduites et commentées (Ier-IV e siècles) directed by M. Khanoussi et L. Maurin. Bordeaux, 2000, p. 121-122, n° 41.
38  – ILAfr, 527.
39  – CIL, VIII, 26499.
40  – London, 1835, p. 312 n° 38.
41  – L. Poinssot, NAM, XXI, fasc. 8, 1913, p. 143.
42  – Cfr. Dougga. Fragment d’histoire: choix d’inscriptions latines, éditées, traduites et commentées, Ier-IVe siècles. Directed by M. Khanoussi et L. Maurin.Bordeaux, 2000, p. 114-117 n°39.
43  – A base was dedicated to the Victory   Parthica Britannica Germanica maxima Augusta of Caracalla on the forum of the neighbouring city of Uchi Maius,   cfr CIL, VIII, 26243.
44  – Cl. Poinssot, BCTH, n s, 1966, p. ????
45  – On the dediction of the water works to which this monument belonged cf Dougga. Fragment d’histoire: choix d’inscriptions latines, éditées, traduites et commentées, Ier-IVe siècles. Bordeaux, 2000, p. 102-109, on the monument, see M. Khanoussi, Dougga . 2e edition revised and augmented. Tunis, 1998, p. 54 n°34 ; A. Beschaouch, Ėpigraphie et ethographie. D’une fête populaire de Dougga, en Tunisie à la dédicace de l’aqueduc de Thugga, in Afrique romaine. CRAI, 2000, p. 1173-1178.
46  – M. Khanoussi, Dougga. 2 e édition revue et augmentée. Tunis, 1998, p. 50 n°33.
47  – Ibidem, p. 77 n°59.
48  – Ibidem, p. 78 n°60
49  – Ibidem, 1998, p. 76 n°57
50  – AEp., 1997, respectively t 1659, 1660 et 1662.
51  – AEp., 1997, 1661.

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Ali DABBAGHI
Ali DABBAGHI

Ingénieur Général spécialiste des systèmes d'information et de communication, مهندس عام في نظم المعلومات والاتصالات General Engineer information and communication systems

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